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Je ne reconnais plus grand chose de vrai dans cette définition …

 

L’élève passif qu’en reste-t-il ?

Aujourd’hui, ma vision de l’enseignement est bien différente.  Il est important, et même indispensable, d’impliquer l’élève dans son processus d’apprentissage, et qui plus est, il doit devenir le principal acteur, le pivot de son développement.  Chaque individu a en lui les éléments nécessaires pour acquérir des savoirs, nulle autre personne ne peut exploiter ce potentiel à sa place.  Je reconnais maintenant que l’acquisition de connaissances chez un individu est un processus de construction plutôt qu’une ingestion d’informations qu’il capte grâce à son sens auditif.

De quel apprentissage s'agit-il ?

L'apprentissage de nouvelles connaissances doit s'effectuer, selon la perspective constructiviste, à partir des connaissances antérieures activées préalablement.  En mettant l'élève dans des situations authentiques d'apprentissage, cela favorise l'acquisition des compétences et la construction des connaissances. 

L’enseignant que devient-il ?

Dans un tel contexte, le rôle de l’enseignant traditionnel n’a plus sa place.  Je ne conçois plus l’enseignant comme le seul détenteur du savoir, mais plutôt comme un intervenant qui va permettre à l’élève de développer des habiletés et des compétences, qui lui sera possible de réinvestir dans des situations semblables.  Je me considère comme membre d’un groupe qui est formé d’élèves, d’enseignants, d’une direction, d’un service éducatif et de divers intervenants qui constituent une communauté d’apprentissage.  L’objectif que nous avons est de développer l’intelligence de cette équipe que nous formons afin d'enrichir l'intelligence de la collectivité.  Pour arriver à cette fin, l’enseignant doit accompagner les apprenants dans leur démarche d’apprentissage.  Il est nécessaire, pour cela, de leur préparer un terrain balisé sur lequel ils pourront effectuer leurs propres expériences.  Mon rôle en tant qu’enseignant doit donc être celui d’un accompagnateur, et aussi celui d’un facilitateur.

Et la classe ?

Il est important que je précise que la classe est devenue, pour moi, un «collaboratoire» dans lequel la collaboration et l’échange doivent être présents entre les divers acteurs.  Vous ne serez pas surpris si je vous dis que nous apprenons beaucoup par l’interaction sociale, nous socio-construisons donc nos connaissances. C’est pour cela que je considère indispensable qu’un maximum d’échanges s’effectuent entre les individus se trouvant dans la classe; le flux d’informations qui y circule sert à enrichir l’intelligence du groupe.  Dans un tel environnement, il est possible d'utiliser les outils de télé collaboration comme l'ABC_W, ce qui permet de mettre en application le processus de construction des connaissances en collaboration.  

 

Quelle approche peu combiner ces nouvelles réalités ?

Il est important que je fasse savoir comment j’envisage organiser l’enseignement pour permettre à l’élève d’en arriver à cette fin, et de faire ressortir les avantages qui ont orienté mon choix.

Pour permettre la construction des connaissances chez mes élèves, plusieurs méthodes s’offrent à moi. Cependant, toutes ne conviennent pas à l’enseignant que je suis devenu et à la conception que je me fais de l’élève, de l’apprentissage, et de l’enseignement tel que je l’entends.

La pédagogie par projet me semble l’approche pédagogique à privilégier, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, elle permet une grande flexibilité ce qui permet de rejoindre l'élève. Elle place,  l’apprenant au centre de l’action, il devient donc le premier responsable de son apprentissage, "le pivot de son apprentissage".  Elle permet aussi d'effectuer un apprentissage «situé», et de laisser à l'apprenant une grande latitude dans le choix de la production qu’il doit réaliser.  De cette façon, cette approche suscite l’intérêt et éveille la motivation chez l’élève.  Mais cette pédagogie va beaucoup plus loin; elle permet de développer des compétences qui sont indispensables à la vie de tous les jours.  Par exemple, la résolution de problème, la recherche d’information, elle développe aussi le sens critique, l’attitude réflexive, et bien sûr, si cette pédagogie est utilisée dans un contexte où les nouvelles technologies de l’information et de la communication sont présentes, l’élève développera des habiletés et des compétences dans ce domaine.  Cette approche permet aussi le travail en collaboration avec différents acteurs sociaux, (élèves, enseignants, direction, service éducatif, d’autres classes, ainsi que des agents extérieurs) pour la réalisation, mais aussi pour la présentation de son travail, et elle favorise l’interaction.  La pédagogie par projet, donne le nouveau rôle à l'enseignant, celui-ci n'est plus le seul à détenir le savoir, il devient un accompagnateur, un facilitateur

 Voilà donc les raisons pour lesquelles je veux appliquer la pédagogie par projet dans mes classes. Je considère qu’elle est actuellement le substrat le plus fertile que je connaisse, dans lequel la jeunesse du secondaire doit s’enraciner, pour lui permettre le développement de ses compétences et de ses connaissances nécessaires pour tenir son rôle dans la société du XXIe siècle.  De plus, il ne faut pas se le cacher, je désire «Prendre le virage du succès»,1  je me dirige donc directement vers l'orientation donnée à l'énoncé de politique éducative : «L'école tout un programme».2 

Pour mieux me connaître , vous pouvez visiter mon site, vous y trouverez le projet en géographie de troisième secondaire, que j'ai proposé à mes élèves lors de mon stage, mais vous y trouverez aussi mes réflexions, mon curriculum vitae, des sites de géographie et d'histoire mis en référence pour guider les élèves dans leur démarche, et quelques liens vers des productions d'élèves.  Pour vous y rendre cliquez sur le bouton ci-dessous, bonne visite, et n'hésitez surtout pas à faire vos commentaires. 

Laurent Guillotin, Avril 2000


1) Ministère de l'Éducation.   L'école tout un programme.  Énoncé de politique éducative.  Gouvernement du Québec, 1997.  40 p.

2)Idem.