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Mon Projet de développement professionnel pour le stage IV

l'heure du bilan

 

 

La réalisation d’un stage doit être l’occasion de développer des aptitudes sur le plan professionnel. Pour cela, j’ai dû, au début de mon stage, déterminer les objectifs que je voulais atteindre à l’occasion de cette pratique. Le temps est venu d'effectuer un bilan afin d'évaluer si j'ai atteint les objectifs que je me suis fixés au début de mon stage.

 

Dans une première partie je présente très brièvement les trois volets sur lesquels j’ai voulu baser mon projet de développement professionnel. Dans la seconde partie, j’effectue une description et une analyse de chacun d’eux, et pour terminer, je fais une analyse globale de l’ensemble de mon développement professionnel, au cours du stage VI.

 

Pour s’améliorer, il faut savoir ce que l’on veut améliorer. Il était donc indispensable que je me définisse des objectifs à atteindre pour que je considère mon stage comme bénéfique. Voici donc les trois objectifs que je me suis fixés au mois de septembre en débutant mon stage.

 

Première partie

 
  1. Je tiens à développer une aisance dans l’exploitation des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), dans le sens de les utiliser instinctivement à des fins pédagogiques.
  2. Je veux développer des habiletés dans la construction d’un projet et dans son application (pédagogie par projet).
  3. Je veux augmenter la communication pédagogique entre les élèves et leurs guides, pour mieux gérer les apprentissages.

 

Deuxième partie

 

L’exploitation des NTIC dans mon enseignement

L’utilisation des nouvelles technologies dans mon enseignement de tous les jours, était pour moi un défi que je m’étais fixé. Depuis maintenant deux ans j’utilise l’ordinateur comme outil de travail. Dans ces deux années, il m’a surtout servi pour effectuer du traitement de texte et pour chercher de l’information sur Internet. Cette année, j’ai voulu effectuer mon stage dans une classe branchée, c’était l’occasion de développer d’autres habiletés dans l’utilisation de l’ordinateur dans mes techniques d’enseignement. J’aurais très bien pu réaliser mon stage sans pour autant me concentrer sur cet objectif, mais c’était mon choix. Plus concrètement, j’espérais réaliser mon site Internet de manière que je puisse y déposer les recommandations nécessaires pour la réalisation des projets, et aussi y développer des listes de ressources en ligne pour guider et faciliter la recherche des élèves. "C’est au pied du mur que l’on voit le maçon" est un adage bien connu des français. J’ai utilisé cette même philosophie pour réaliser mon objectif. Je me suis plongé dans la construction de mon site et j’ai appris en le faisant. Bien sûr, les conditions environnementales étaient idéales pour réaliser un tel objectif. Mon enseignante associée et tous les élèves de PROTIC de troisième secondaire ont leur site Internet. J’avais donc la possibilité d’obtenir du support technique facilement. De plus, je savais que si je réalisais mon site, il serait automatiquement utilisé par les élèves étant donné qu’il deviendrait l’hôte des informations nécessaires à la réalisation de mes projets. Depuis la moitié de mon stage, j’y dépose toutes les informations que j’ai à communiquer aux élèves relativement aux projets qu’ils doivent réaliser, mais j’y dépose aussi des aides pour leurs travaux, et j’ai même une partie qui est destinée à recevoir mes réflexions sur ma pratique professionnelle. L’atteinte de cet objectif et l’utilisation relativement accrue des nouvelles technologies m’a été possible dans un contexte de classe branchée. Ce contexte était motivant et facilitant. Il l’aurait été probablement moins, dans le cadre d’une classe conventionnelle, dans laquelle les élèves auraient eu un accès limité aux ordinateurs. Aussi, le fait de me retrouver dans une communauté d’apprentissage m’a permis de trouver de l’aide de la part de l’équipe d’enseignants(es), mais aussi de la part de nombreux élèves qui sont toujours prêts à nous aider.

 

La pédagogie par projet

La maîtrise de la pédagogie par projet était un des trois objectifs que je m’étais fixés. Cette nouvelle approche suscitait beaucoup de questionnements chez moi. C’est la principale raison pour laquelle j’ai voulu effectuer mon stage dans une classe PROTIC, alors que je savais qu’elle y était pratiquée. Sachant qu’elle est bénéfique aux apprentissages des élèves et qu’elle cadrera parfaitement avec l’application du curriculum en rédaction, je voulais me l’approprier. Si j’ai réussi à maîtriser l’approche par projet, c’est parce que j’étais décidé et que j’étais supervisé par un mentor d’expérience. Pour acquérir les habiletés nécessaires à la maîtrise de cette pédagogie, j’ai ébauché mon propre projet dans un premier temps, mais au début de mon stage, j’ai eu l’occasion de mettre en place et de diriger un projet que mon enseignante associée avait préparé. La conduite de celui-ci m’a permis de faire la lumière sur certains points du projet ébauché, et m’a permis de les peaufiner. C’est cette expérience, enrichie par les nombreux questionnements et des discussions avec mon enseignante associée, qui m’a amené à la maîtrise de cette pédagogie. Le programme PROTIC, dans lequel les élèves travaillent avec un ordinateur branché en réseau, rassemble les conditions idéales pour utiliser une telle pédagogie, surtout que l’intégration des matières y est présente. Cependant, il serait possible d’appliquer cette pédagogie dans l’environnement conventionnel qui se trouve dans la plupart des écoles. L’utilisation de la bibliothèque et celle d’un laboratoire d’informatique branché sur Internet, permettraient son application.

Cette habileté est relativement complexe à acquérir pour plusieurs raisons. D’abord, c’est depuis quelques années seulement que cette méthode a pris de la popularité. Il existe donc, peu d’enseignants d’expérience dans ce domaine. La seconde raison c’est que peu (pour ne pas dire personne) d’entre nous avons appris par cette méthode, ce qui fait que nous possédons de nombreuses autres références que celles de la pédagogie par projet. Aussi, il ne faut pas le cacher, la pédagogie par projet demande énormément de préparation.

 

Augmenter la communication pédagogique

Dans une classe, la communication entre les élèves et l’enseignant a de tout temps été présente. Cependant, pendant de nombreuses décennies, l’enseignant, le détenteur du savoir, était le seul à communiquer de l’information à ses élèves. L’interaction était plutôt rare. Ces dernières années, les scientifiques travaillant sur le développement des sciences de l’éducation, nous ont prouvé que les connaissances ne se transmettent pas. En effet, l’apprentissage c’est beaucoup plus un phénomène de construction, plutôt qu’un phénomène d’accumulation d’informations que l’on reçoit gratuitement et que l’on emmagasine.

Les méthodes d’enseignement changent (en tout cas je le souhaite), et les pédagogies, dans lesquelles les élèves sont les principaux acteurs de leurs apprentissages, sont de plus en plus utilisées dans l’école québécoise. Le rôle de l’enseignant change aussi, il devient alors un guide, un accompagnateur, un facilitateur et parfois un animateur. La communication est toujours présente, cependant elle prend une nouvelle forme. Elle n’est plus à sens unique, elle s’exerce maintenant dans les deux sens, au bénéfice des deux parties. Dans une classe où l’enseignement magistral est pratiqué (il faut être réaliste ça existe encore), les communications faites par l’enseignant sont destinées à toute l’assemblée. Lorsque l’on pratique la pédagogie par projet, la communication n’a plus la même teneur. Elle devient beaucoup plus personnalisée, et elle est principalement centrée sur les actions posées par un individu ou par un petit groupe d’individus. Cependant, si les interventions sont personnalisées, la durée quant à elle devient moins longue. En effet, l’on passe d’une période complète de communication dont l’auditoire est le groupe, à un laps de temps d’une durée plus ou moins longue, pour un élève ou un petit groupe d’élèves. Il faut donc trouver un moyen pour en augmenter la durée, mais aussi la qualité.

La pédagogie par projet, pratiquée dans une classe où l’ordinateur branché en réseau est le principale outil de l’élève, est déjà une étape vers une solution. L’ordinateur permet une accessibilité à une multitude d’informations nécessaires à la réalisation du projet. Le projet, quant à lui, donne un sens aux apprentissages, et il devient une source de motivation initiée par le libre choix du sujet et de la forme de la production. La disponibilité des ressources en ligne et l’engagement des élèves dans la tâche, sont deux éléments qui libèrent l’enseignant d’une part de ses responsabilités et qui lui permettent de consacrer plus de temps aux interactions individualisées. À plusieurs reprises dans mon stage, mon enseignante associée est restée dans les classes dont j’avais la responsabilité. Nous nous sommes rapidement aperçus qu’une situation comme celle-ci nous permettait de prendre plus de temps avec les apprenants. La double présence dans la classe avait pour effet de créer un environnement de travail idéal, probablement suscité par le phénomène de la proximité dans deux endroits différents de la classe. Bien évidemment me direz-vous, étant deux accompagnateurs dans les groupes pour faire le même travail, j’avais plus de temps à consacrer à chaque élève. Détrompez-vous. Je vais vous expliquer. J’ai vécu des périodes extraordinaires ces derniers temps, les équipes étaient toutes au travail, je passais de table en table pour guider les individus dans la réalisation de leur projet en géographie. Cette situation m’a permis de prendre du temps pour m’asseoir avec les élèves, afin de les accompagner dans leur démarche. Je les guidais vers des réponses lorsqu’ils me posaient des questions et je les questionnais sur leur démarche, lorsqu’ils disaient ne pas trouver l’information nécessaire à la réalisation de leur travail. Pendant ce temps, mon enseignante associée, passait aussi de table en table pour effectuer un tout autre travail. En effet, elle évaluait individuellement les sites Internet des élèves.

Une telle situation dans une classe me permet de dire que des assises, pour augmenter le temps de communication, peuvent se mettre en place grâce à une telle approche pédagogique, mais qu’elles sont augmentées, lorsqu’une autre personne, en l’occurrence un stagiaire, est présent dans la classe. L’élève responsable de ses apprentissages et les ressources en ligne en sont les premiers éléments qui permettent de telles assises, la présence d’un stagiaire et de l’enseignant dans la même classe en est un autre. Je ne veux cependant pas dire que la communication pédagogique est par ce fait rendue à son meilleure. En effet, même si je la considère d’une qualité supérieure par rapport à la communication qui se fait dans un enseignement magistral, je ne peux pas affirmer qu’elle est parfaite. Entre communiquer de l’information à un groupe classe et communiquer avec un individu ou un petit groupe, il doit y avoir nécessairement une différence. Le contenu du dialogue ne doit plus être le même. Personnellement, lors de mon passage dans les équipes, je fais raisonner les élèves, je les questionne beaucoup. Lorsqu’un apprenant me pose une question, je ne lui donne pas la réponse, mais j’essaye toujours de la lui faire trouver en le questionnant à mon tour. Je les mets aussi sur des pistes de recherche, je les félicite, et les encourage. Mais augmenter la qualité de la communication pédagogique ce doit être plus que cela.

Je suis actuellement rendu à cette étape pour cet objectif de développement professionnel, et je ne suis pas satisfait du résultat. Il faut dire qu’il s’agit d’une habileté très complexe à développer et que notre formation universitaire ne nous a pas muni des outils nécessaires pour y accéder. Je suis actuellement sur une piste de solution. Après en avoir parler avec mon enseignante associée, je me dirige maintenant vers des lectures sur la médiation. La technique de la médiation serait-elle la clé qui me permettra d’augmenter la qualité de la communication pédagogique ?

 

Analyse global, bilan

Dans l’ensemble, une bonne partie de mes objectifs est atteinte. Mais, de nouveaux défis doivent être mis en perspective de manière à progresser dans mon développement professionnel. Comme je le disais au début de ce travail, il faut savoir ce que l’on veut améliorer, si l’on veut s’améliorer. Si nous n’avons pas de défi à relever ou de point de mire à atteindre dans le cadre de notre développement, c’est comme un individu qui n’a aucun projet de vie, il reste alors sur place, il stagne. Tout enseignant, novice ou non, devrait se définir, annuellement ou semestriellement, des objectifs à atteindre dans le cadre de sa pratique. D’ailleurs, si nous voulons être reconnus comme des professionnels de l’éducation, nous devrions agir comme des professionnels. La formation continue ne se fait pas forcément par l’intermédiaire de cours ou d’ateliers, mais elle peut se faire par l’atteinte, de façon autonome, de certains buts que l’on s’est fixés préalablement.

 

Ce stage m’a permis de développer une certaine maîtrise des nouvelles technologies. J’ai encore énormément de choses à apprendre, car il s’agit d’un domaine sans limite. Cependant, je suis satisfait de m’être approprié une bonne base durant mon stage, tout en expérimentant ces nouveaux outils, ce qui m’a permis de me rendre au-delà de mes objectifs.

Pour ce qui est de l’approche par projet, mon expérimentation est faite, mes craintes sont apaisées et je me suis prouvé que j’étais en mesure de l’appliquer. Des améliorations sont nécessaires, il est indispensable de retravailler le projet que j’ai proposé aux élèves. En effet, malgré sa réussite, quelques points sont à peaufiner. Je me sens maintenant prêt à utiliser cette approche pédagogique dans ma pratique d’enseignant.

En ce qui concerne la qualité de la communication pédagogique, j’ai atteint un premier palier qui était de prendre le temps de m’asseoir avec les élèves pour effectuer de l’enseignement plus personnalisé. En fait, il s’agissait de trouver une façon de me libérer d’une partie de tâche pour pouvoir me permettre de me concentrer sur une tâche plus complexe. Mais il me reste à atteindre la qualité dans la communication. Malgré que je sois convaincu que la substance du discours est déjà d’une qualité supérieure à ce qui se fait dans des classes où l’enseignement magistral est pratiqué, il ne me semble pas encore parfait et une amélioration peut être apportée. Cette partie reste donc à apprivoiser, et c’est dans un prochain contexte de pratique que je pourrai expérimenter et peaufiner cette nouvelle dimension.

 

Voilà donc un beau défi pour mes prochaines pratiques dans le domaine de l’éducation.

 

Laurent Guillotin  Décembre 1999